Passer au payant sur Substack, techniquement, ce n’est pas très compliqué, quelques réglages, un compte Stripe à connecter, des tarifs à définir, et c’est parti !
De mon côté, le plus difficile s’est surtout joué dans ma tête, savoir quand me lancer, assumer le passage au payant, fixer un prix sans me brader et mettre ma formule sur le marché sans savoir comment elle serait reçue.
Parce qu’activer les paiements et réussir à monétiser sa newsletter sont deux choses bien différentes.
J’ai lancé La Fabrique, la formule payante du Média à Soi, début septembre, après cinq mois de contenu entièrement gratuit.
Et vous étiez nombreux dans le chat à voter pour que je traite ce sujet, j’ai aussi reçu pas mal de questions en privé. Ça tombe bien parce que j’en ai des choses à vous dire !
Je vais donc reprendre tout le chemin : comment penser sa formule au-delà d’une simple newsletter payante, fixer son prix, la mettre en place concrètement sur Substack, préparer son lancement et, surtout, ce que cette expérience m’a appris.
Au programme :
Quand monétiser sa newsletter ?
Que proposer dans une newsletter payante ?
Comment construire sa formule payante et fixer son prix ?
Comment activer les abonnements payants sur Substack ? (Tutoriel pas à pas avec captures d’écran)
Comment lancer sa newsletter payante sur Substack ?
Ce que mon premier lancement payant m’a réellement appris
J’ai pensé cet article comme un article de référence sur le passage au payant sur Substack, avec les nuances qui me semblent importantes et de nombreuses captures pour te montrer concrètement comment ça se passe.
Il y a donc pas mal de matière à l’intérieur. Et comme d’habitude, tout ce que je partage ici s’appuie sur mon expérience, mon expertise et ma propre façon de voir les choses.
Bonne lecture 🧡
1. Quand monétiser sa newsletter ?
J’ai lancé Le Média à Soi en mars et attendu septembre pour ouvrir ma formule payante, et je pense que j’ai attendu trop longtemps.
Dès fin juin, j’avais suffisamment de signaux pour tenter quelque chose. J’étais autour des 800 abonnés, mais ce n’est pas ce chiffre qui me fait dire que j’aurais pu me lancer.
Je ne crois pas qu’il existe un seuil précis à partir duquel une newsletter devient soudainement « monétisable ». Je regarderais plutôt les signes d’une audience réellement présente et engagée.
De mon côté, ils étaient déjà là : plus de la moitié de mes abonnés avaient un niveau d’activité de 4 ou 5 étoiles sur Substack, les échanges étaient réguliers dans les commentaires et le chat, et mon taux d’ouverture tournait autour de 36 %. Ce dernier indicateur est à prendre avec des pincettes, mais combiné aux autres, il allait dans le même sens. Surtout, je sentais qu’une relation de confiance s’était installée.
J’avais suffisamment construit pour tester une première offre.
Mais l’été approchait et je me suis freinée toute seule : ce n’est pas la bonne période, les gens vont partir en vacances, autant attendre la rentrée…
Alors j’ai attendu.
Je ne regrette pas tout ce que j’ai partagé gratuitement. C’est aussi ce qui m’a permis d’asseoir ma crédibilité et de donner envie à certains lecteurs d’aller plus loin avec moi. Mais à un certain stade, je n’avais peut-être plus besoin de continuer à tout donner gratuitement pour prouver la valeur de mon travail.
Évidemment, impossible de savoir si lancer en juin aurait mieux fonctionné. Mais aujourd’hui, je regarderais moins le nombre d’abonnés ou la période parfaite, et davantage les signaux envoyés par mon audience.
Des lecteurs présents, engagés et qui te font confiance ne garantissent pas qu’ils paieront. Mais c’est déjà une bonne raison d’envisager de tester le payant.
2. Que proposer dans une newsletter payante ?
Vouloir monétiser son audience est une chose. Donner envie à quelqu’un de sortir réellement sa carte bancaire en est une autre.
Avoir envie de lire quelqu’un ne veut pas automatiquement dire être prêt à payer pour le faire. Même avec une audience engagée, rien ne garantit donc qu’elle se convertira en abonnés payants.
C’est aussi pour ça que je ne voulais surtout pas que La Fabrique ressemble à : “jusqu’ici tu avais du contenu gratuitement, maintenant paie pour en avoir davantage.”
Il fallait que la différence soit suffisamment claire pour que le passage au payant ait du sens.
2.1. Gratuit ou payant : où placer la frontière ?
La première question à se poser est : qu’est-ce que mes lecteurs viennent déjà chercher gratuitement chez moi, et qu’est-ce que le payant pourrait leur apporter de différent ?
Ça ne veut pas dire qu’il faut appauvrir le gratuit ou réserver ses meilleures idées à ceux qui paient. De mon côté, j’ai choisi de continuer à proposer gratuitement une bonne partie de mes contenus éditoriaux.
Pour La Fabrique, j’ai choisi de faire du passage à l’action la vraie différence.
Le gratuit permet déjà de découvrir mes réflexions, mes retours d’expérience et les grands principes que j’utilise. Avec le payant, je veux aider les membres à aller plus loin dans l’application.
Cette frontière sera forcément différente d’une newsletter à l’autre. Pour trouver la tienne, tu peux commencer par compléter ces deux phrases :
Mes contenus gratuits permettent à mes lecteurs de ________.
Mon abonnement payant leur permet d’aller plus loin en ________.
Si la différence est difficile à formuler, elle risque aussi d’être difficile à percevoir au moment de sortir sa carte bancaire.
2.2. Une formule payante doit-elle forcément promettre une transformation ?
Une fois cette frontière posée, reste à définir ce que ton abonnement va réellement permettre de faire avancer.
Quand on construit une offre, on revient à cette idée de faire passer quelqu’un d’un point A à un point B. Mais une formule payante n’a pas forcément besoin de promettre une transformation spectaculaire.
La promesse doit surtout être suffisamment claire pour que le lecteur comprenne ce qu’elle peut lui apporter, et suffisamment réaliste pour que tu puisses réellement la tenir.
Pour La Fabrique, je voulais rester sur quelque chose de concret : aider les membres à passer de la réflexion à l’action et, mois après mois, à assembler les différentes pièces du puzzle pour faire avancer leur média.
Une fois que tu sais ce que tu veux aider tes lecteurs à faire ou à faire avancer, tu peux passer à la question suivante : de quoi auront-ils besoin pour y arriver ?
3. Comment construire sa formule payante et fixer son prix ?
3.1. Que mettre dans une newsletter payante ?
Sur la base de la promesse définie, j’ai construit la formule en veillant à ce que chaque format réponde à un besoin précis :
un article exclusif, pour approfondir la thématique du mois ;
une ressource actionnable, pour passer de la réflexion à l’application ;
un Atelier en live, pour travailler le sujet ensemble et où je les guide pas à pas;
une Permanence, pour poser ses questions et débloquer ce qui coince ;
un chat privé, pour poursuivre les échanges et avoir un accès plus direct à moi et à mes retours ;
une bibliothèque, pour retrouver les articles, ressources et replays accumulés au fil des mois.
Tu peux appliquer le même filtre à ta propre formule : à quel besoin précis répond chaque élément ? Si tu n’arrives pas à l’expliquer simplement, demande-toi s’il a vraiment besoin d’être là.
Et il y a un deuxième filtre tout aussi important : est-ce que tu seras capable de tenir cette formule dans la durée ?
Ajouter des formats peut augmenter la valeur perçue, mais chaque élément devient aussi quelque chose que tu devras produire, organiser ou animer mois après mois.
Une bonne formule n’est donc pas celle qui en contient le plus, mais celle qui en contient assez pour servir sa promesse sans devenir intenable à produire.
3.2. Quel prix choisir pour une newsletter payante ?
J’ai choisi 15 € par mois ou 105 € par an, soit l’équivalent de cinq mois offerts pour les personnes qui s’engagent sur l’année.
Je propose également une offre Fondateur à 320 €, qui comprend 12 mois d’accès à La Fabrique, ainsi que mon regard personnalisé sur le média ou le projet de l’abonné, à travers un document sur mesure et une heure en individuel pour le débriefer ensemble.
Pour fixer mes tarifs, je ne me suis pas seulement demandé : combien mes lecteurs seraient-ils prêts à payer ?
Je me suis aussi demandé : à quel prix est-ce que j’aurai encore envie de faire vivre cette formule dans un an ?
L’abonné accorde une valeur à son argent. De mon côté, je dois aussi en accorder à mon temps, à mon expertise et au travail nécessaire pour faire vivre La Fabrique.
Je ne voulais pas fixer un prix très bas par peur que personne ne s’abonne, puis finir par avoir l’impression de me brader. À terme, ce déséquilibre peut aussi entamer le plaisir qu’on prend à créer.
Si tu réfléchis au prix de ta propre formule, je t’invite donc à regarder trois choses : ce qu’elle apporte réellement à tes abonnés, le travail qu’elle te demande et le prix auquel tu seras encore satisfait de la faire vivre dans quelques mois.
Le bon prix n’est pas seulement celui que quelqu’un accepte de payer aujourd’hui. C’est aussi celui auquel tu accepteras encore de délivrer demain.
3.3. Pourquoi je n’ai pas cassé mes prix au lancement
Pour le lancement, j’avais quand même prévu un avantage tarifaire, mais volontairement assez mesuré : 12 € par mois au lieu de 15 €, 96 € par an au lieu de 105 €, et 290 € pour l’offre Fondateur au lieu de 320 €.
J’aurais pu proposer une réduction très agressive pendant quelques jours pour accélérer les premières conversions. C’est une stratégie que je vois d’ailleurs beaucoup chez certains créateurs américains.
Mais ce n’est pas celle que j’avais envie d’adopter.
Je raisonne un peu comme pour les marques : certaines font des promotions importantes une vraie composante de leur stratégie, quand d’autres préfèrent réduire rarement leurs prix pour préserver leur positionnement et leur valeur perçue.
Ce sont deux positionnements différents.
Je savais aussi tout le travail que La Fabrique allait me demander. Une remise trop importante aurait été difficile à concilier avec la valeur que j’accordais à la formule. J’ai donc préféré rester proche du prix que je jugeais juste et travailler autrement sa valeur perçue.
Ce n’est évidemment pas une règle universelle. Une réduction importante peut être une stratégie de lancement totalement assumée et pertinente.
L’essentiel à mon sens, est de savoir pourquoi tu choisis l’une ou l’autre, plutôt que de baisser ton prix par réflexe ou par peur que personne n’achète.
4. Comment activer les abonnements payants sur Substack ?
Une fois ta formule et tes tarifs définis, la partie technique est assez rapide. Voici les principaux réglages à effectuer depuis la version ordinateur de Substack.
4.1. Connecter Stripe à Substack
Pour recevoir les paiements de tes abonnés, tu dois d’abord connecter ta publication à Stripe.
Tu seras alors redirigé vers Stripe. Commence par renseigner ton adresse email pour démarrer la configuration du compte.
Stripe te demandera également de sécuriser ton compte avec une authentification à deux facteurs. Suis les étapes indiquées et pense à conserver le code de récupération fourni dans un endroit sûr.
Stripe va ensuite te demander plusieurs informations pour vérifier ton identité et ton activité. Les champs peuvent varier selon ton pays et ta situation. Choisis donc le statut qui correspond réellement à ton activité et complète les différentes étapes demandées.
Fais particulièrement attention à cette dernière partie, certaines coordonnées renseignées dans Stripe peuvent apparaître sur les reçus, factures ou relevés de tes abonnés. Vérifie donc bien ce qui sera rendu public.
Pense aussi à choisir un libellé de relevé bancaire facilement reconnaissable. C’est ce qui permettra à ton abonné d’identifier le prélèvement lié à ta publication sur son relevé.
Une fois toutes les informations validées, tu seras redirigé vers Substack pour configurer tes abonnements mensuel, annuel et, si tu le souhaites, Fondateur.
4.2. Configurer les abonnements mensuel, annuel et Fondateur
Une fois Stripe connecté, tu peux configurer tes différentes formules et définir le tarif de chacune.
Une fois tes tarifs définis, Substack te permet aussi de renseigner les avantages associés à chaque formule.
Ce sont ces textes que tes futurs abonnés verront sur ta page d’abonnement, au moment de comparer le gratuit, le mensuel, l’annuel et, si tu en proposes un, le plan Fondateur.
L’espace disponible pour présenter chaque avantage reste assez contraint : mieux vaut donc aller à l’essentiel et utiliser chaque ligne pour rendre la valeur de la formule immédiatement compréhensible.
Plutôt que d’accumuler les formats (1 article + 1 live + 1 ressource), précise ce que chacun permet concrètement de faire.
L’enjeu ici, c’est la valeur perçue : en quelques lignes, la personne doit comprendre ce qu’elle obtient et pourquoi elle aurait intérêt à choisir une formule plutôt qu’une autre.
Une fois ces éléments renseignés, voilà concrètement comment ils apparaissent du côté de tes futurs abonnés.

PS : Pour voir à quoi ressemble la tienne, ajoute simplement /subscribe à l’adresse de ta publication. La mienne, par exemple : media.nouhasmaali.com/subscribe.
4.3. Quels sont les frais pour une newsletter payante sur Substack ?
Le prix payé par ton abonné n’est pas exactement celui que tu récupères.
Pour un abonnement souscrit sur le web, Substack prélève 10 % sur chaque transaction. À cela s’ajoutent les frais Stripe, qui comprennent notamment le traitement du paiement et la gestion des abonnements récurrents. Leur montant peut varier selon le moyen de paiement, le pays ou la devise.
Tu peux retrouver le détail des frais prélevés sur chaque transaction directement dans Stripe.
Par exemple, sur l’un de mes paiements de 96 €, Substack a prélevé 9,60 € et Stripe 1,69 € de frais de traitement. Le montant net de cette transaction était donc de 84,71 €.
Tes lecteurs peuvent aussi s’abonner directement depuis l’application Substack sur iPhone ou iPad. Le paiement passe alors par le système d’achat intégré d’Apple.
Substack indique que les frais d’Apple représentent 15 à 30 % supplémentaires selon les cas, auxquels s’ajoute sa propre commission.
Dans tes paramètres, tu peux choisir comment gérer ces frais :
Ajuster les prix pour les achats in-app : le tarif affiché dans l’application est augmenté pour compenser autant que possible les frais supplémentaires liés aux achats Apple. C’est l’option recommandée par Substack.
Conserver les prix identiques : tes lecteurs paient sensiblement le même tarif sur le web et dans l’application, mais ta marge est plus faible sur les abonnements souscrits via Apple.
Perso, j’ai choisi de conserver les prix identiques. Je préfère que mes lecteurs retrouvent sensiblement le même tarif, qu’ils s’abonnent depuis le web ou l’application, quitte à réduire ma marge sur les abonnements pris via Apple.
C’est donc un arbitrage à faire au moment de configurer ta formule : préserver davantage ta marge sur les achats intégrés ou maintenir des prix cohérents entre le web et l’application.
4.4. Autres réglages à vérifier avant d’activer le payant
Avant d’ouvrir ta formule payante, fais un dernier tour de contrôle : tarifs et devise, formules proposées, informations Stripe, moyens de paiement et emails automatiques.
Je te conseille surtout de regarder ta page comme si tu étais un nouveau lecteur : les différences entre les formules sont-elles claires ? Les bons prix apparaissent-ils ? Comprend-on rapidement ce que l’on obtient en passant au payant ?
Pense aussi à personnaliser les emails de bienvenue destinés aux abonnés payants et aux membres Fondateurs. Ce premier message après l’inscription est l’occasion de rappeler ce à quoi ils ont accès et surtout de leur indiquer par où commencer, pour qu’ils profitent rapidement de leur abonnement.
Tu peux également personnaliser les emails liés au renouvellement et à l’expiration de l’abonnement. Ce sont de petits détails, mais ils permettent de soigner l’expérience au-delà du moment de l’achat : rappeler ce que l’abonnement apporte avant son renouvellement et accompagner proprement sa fin lorsqu’il expire.
Une fois ces derniers réglages vérifiés, ta formule est prête à être ouverte aux abonnements.
5. Comment lancer sa newsletter payante sur Substack ?
À ce stade, ma formule était construite, mes tarifs fixés et toute la partie technique configurée. Mais avoir une offre prête ne veut pas dire qu’elle va se vendre toute seule.
Il restait maintenant à la mettre sur le marché, à en parler suffisamment pour qu’elle soit comprise et, surtout, à découvrir comment mes lecteurs allaient réellement réagir.
5.1. Juste avant le lancement : croire à la valeur de sa formule n’empêche pas de douter
Tant que La Fabrique était en construction, je pouvais réfléchir à sa valeur de manière assez rationnelle.
Au moment de la mettre sur le marché, c’était différent, j’allais découvrir si d’autres personnes étaient réellement prêtes à payer le prix que j’avais fixé.
Je me suis demandée si les gens allaient acheter, si la formule était suffisamment intéressante, le syndrome de l’imposteur s’est évidemment invité au passage.
Et pourtant, j’étais convaincue de la valeur de ce que j’avais construit.
Avec le recul, je me dis qu’assumer de vendre c’est être suffisamment au clair avec ce qu’on propose pour pouvoir dire : voilà ce que j’ai construit, voilà à qui ça peut être utile et voilà ce que ça coûte.
Ensuite, il reste une inconnue : la réaction des lecteurs.
C’est aussi pour donner toutes ses chances à La Fabrique que je ne voulais pas simplement annoncer son ouverture et attendre.
5.2. Comment préparer le lancement de sa newsletter payante ?
Le lancement a commencé par un article entièrement consacré à La Fabrique, dans lequel j’ai présenté pourquoi je l’avais créée, son fonctionnement, son contenu, les différentes offres et la manière de la rejoindre.
C’était le contenu de référence pour présenter la proposition dans son ensemble et ouvrir officiellement La Fabrique.
J’ai ensuite enchaîné avec trois mails sur trois jours, chacun construit autour d’un angle, d’une tension ou d’une objection différente pour faire avancer la réflexion jusqu’à la décision.
Si tu prépares ton propre lancement, tu peux reprendre cette logique : un contenu de référence qui pose clairement ton offre, puis une séquence qui l’aborde sous différents angles plutôt que de répéter la même présentation.
Mail 1 : rendre la proposition concrète
Le premier mail avait pour objectif d’aider le lecteur à se projeter dans ce que mon offre pouvait concrètement lui apporter.
Je me suis notamment appuyée sur ce que j’avais construit avec Le Média à Soi : la croissance de l’audience, la relation avec les lecteurs, la monétisation à travers mes accompagnements one-to-one et les opportunités générées pour mon activité.
Mail 2 : répondre au « je n’ai pas besoin de plus de contenu »
Ce mail revenait au cœur de la promesse de ma formule : le problème n’est pas toujours de manquer d’informations, mais de réussir à transformer ce qu’on sait déjà en actions concrètes pour son média.
L’objectif était donc de montrer pourquoi La Fabrique pouvait être utile même à quelqu’un qui avait déjà accès à beaucoup de contenus, non pas pour lui en donner toujours plus, mais pour l’aider à passer de la réflexion à l’action.
Mail 3 : donner une raison de ne pas remettre à plus tard
On peut trouver une offre intéressante, se dire « je regarderai ça plus tard » et ne jamais passer à l’action.
Dans ce mail, j’ai donc travaillé le coût de l’attente : repousser, c’est aussi retarder les contenus, les lecteurs, la confiance et les apprentissages qui pourraient déjà commencer à s’accumuler.
D’autant qu’en France, Substack est encore dans une fenêtre intéressante, il y a déjà suffisamment de monde sur la plateforme pour qu’elle soit attractive, sans donner encore l’impression d’un espace saturé. C’est donc aussi un bon moment pour commencer à s’y faire une place.
C’était aussi le moment d’introduire une urgence réelle avec la fin de l’offre de lancement.

Je pouvais suivre l’effet de chaque prise de parole directement dans Substack. Le post initial de présentation de la formule affiche 7 nouveaux abonnés, puis les trois emails de ma séquence respectivement 4, 2 et 8.
Au total, 21 de mes 24 premiers abonnés payants sont attribués à ces quatre contenus. Les 3 autres sont arrivés par d’autres points d’entrée.
La conversion s’est faite donc progressivement, à travers plusieurs prises de parole et plusieurs angles.
La logique à retenir de tout ça : pars du chemin que ton lecteur doit parcourir avant d’acheter, puis donne à chaque mail un rôle précis pour le faire avancer.
Que doit-il comprendre ? Qu’est-ce qui le freine encore et quelles objections faut-il lever ? Quels arguments pourraient l’aider à se décider ?
6. Ce que mon premier lancement payant m’a réellement appris
6.1. Mon taux de conversion : combien de lecteurs sont devenus payants ?
Au terme de ces trois jours de lancement, 24 personnes avaient rejoint La Fabrique sur 1 314 abonnés gratuits, soit un taux de conversion d’environ 1,8 %.
Dans le détail, 6 ont choisi l’abonnement mensuel, 15 l’abonnement annuel et 3 l’offre Fondateur. Au total, 75 % se sont donc engagés directement sur 12 mois.
Évidemment, j’ai voulu savoir comment interpréter ce fameux 1,8 %.
Et c’est là que je me suis rendu compte qu’il fallait être prudente avec les benchmarks qu’on voit circuler.
On retrouve encore souvent une fourchette de 5 à 10 % de conversion du gratuit vers le payant dans les ressources de Substack. Mais ce chiffre vient d’une analyse publiée par son équipe data en 2021, qui parlait de taux observés « dans les meilleures circonstances ». Substack affiche toujours cette fourchette dans son Going Paid Guide, sans que j’aie trouvé de données publiques plus récentes pour l’actualiser.
De son côté, beehiiv rapporte dans son State of Paid Newsletters 2026 un taux médian de conversion de 0,62 % et présente 2 à 5 % comme un objectif de long terme.
Difficile donc de prendre les fameux 5 à 10 % comme une norme. Les données viennent de plateformes et de périodes différentes, avec des populations qui ne sont pas nécessairement comparables. Je les prends donc comme des ordres de grandeur.
D’autant que mon 1,8 % correspond à une photographie prise après quelques jours de lancement. Il ne dit pas combien de mes abonnés gratuits finiront par devenir payants dans trois mois, six mois ou un an.
Avec le temps, cette situation devrait évoluer : les contenus vont s’accumuler, les premiers retours arriver et La Fabrique aura progressivement davantage de concret à montrer à quelqu’un qui envisage de la rejoindre.
Le lancement sert à créer un premier élan, mais la conversion ne s’arrête pas là. Avec le temps, les preuves s’accumulent, la valeur de la formule devient plus tangible et de nouveaux lecteurs peuvent continuer à la rejoindre.
6.2. Ce que le lancement a provoqué au-delà des conversions
Il y a notamment un chiffre auquel je ne pensais pas forcément avant de lancer : les désabonnements gratuits.
En regardant le graphique de plus près, on voit clairement que les trois plus gros pics de désabonnements correspondent exactement aux trois jours d’envoi de ma séquence de lancement.
Je ne peux évidemment pas savoir précisément pourquoi chacun s’est désabonné. Certains étaient peut-être surtout intéressés par le contenu gratuit et l’arrivée du payant ne leur correspondait pas. D’autres ont peut-être été dérangés par la fréquence, avec quatre mails successifs autour de La Fabrique.
Il faut aussi dire qu’à force d’être sollicités commercialement un peu partout, certains sont devenus très sensibles à tout ce qui ressemble à de la vente. Dès que l’intention commerciale devient plus visible, les réactions peuvent être assez tranchées.
Au même moment, j’observais aussi des signaux complètement opposés.
Mes statistiques indiquaient, pour certains lecteurs, jusqu’à une dizaine d’ouvertures sur des mails pourtant assez courts. Je recevais des questions en message privé et je voyais dans Stripe des personnes commencer le processus de paiement sans aller jusqu’au bout.
Entre « ça ne m’intéresse pas » et « j’achète », il existe toute une zone d’hésitation que le taux de conversion final ne montre pas.
Et voir certains lecteurs partir n’a pas remis en question mon choix. Je préfère en perdre quelques-uns en assumant la direction que je veux donner à mon média plutôt que de le figer par peur de déplaire.
Le passage au payant a aussi eu un autre effet que je n’avais pas du tout anticipé : Le Média à Soi a commencé à apparaître dans les classements Substack.
Dans les jours qui ont suivi, ma publication est montée jusqu’à la 5ᵉ place du classement Croissance en France et à la 23ᵉ place du classement Business à l’échelle mondiale.

J’ai aussi eu une autre surprise du côté de ceux qui ont acheté.
Pendant la campagne, j’ai publié spontanément une vidéo dans le chat pour parler de La Fabrique. Elle ne faisait pas partie de ma séquence et je ne l’avais pas pensée comme un contenu de vente.
Pourtant, plusieurs nouveaux abonnés m’ont ensuite expliqué qu’elle avait participé à leur décision. Pouvoir me voir, m’entendre parler de la formule et percevoir davantage la personne derrière le média avait compté.
Comme quoi, on peut passer beaucoup de temps à travailler ses mails, ses arguments et ses CTA, alors que le déclic peut venir d’un endroit qu’on n’avait absolument pas prévu !
6.3. Comment continuer à promouvoir sa newsletter payante après le lancement ?
Je ne peux pas parler intensément de La Fabrique pendant quelques jours, puis considérer que tous ceux qui ne se sont pas abonnés à ce moment-là ont définitivement dit non.
Un « pas maintenant » n’est pas forcément un « jamais ».
De nouveaux lecteurs arrivent, les besoins évoluent, et quelqu’un qui n’est pas intéressé aujourd’hui peut tomber, quelques mois plus tard, sur exactement la problématique que je vais traiter dans La Fabrique.
Je compte donc continuer à parler des nouvelles ressources, montrer ce qui se passe pendant les rendez-vous, partager les retours des membres et créer ponctuellement des temps forts.
Je vais aussi bientôt me pencher sur les Perks de Substack, qui permettent de proposer des avantages supplémentaires aux abonnés payants. La logique m’intéresse parce qu’elle offre une autre manière de renforcer l’intérêt de l’abonnement sans forcément passer par une réduction de prix.
Et il y a un levier que j’utilise déjà : le paywall lui-même.
J’ai choisi de continuer à envoyer mes articles payants aux abonnés gratuits. Même lorsqu’une partie est réservée aux membres de La Fabrique, je veux que ce qui précède le paywall soit déjà utile en lui-même.
C’est par exemple la logique que j’ai suivie avec cet article sur la manière de rendre ses contenus plus incarnés : la partie gratuite permet de comprendre et de commencer à réfléchir au sujet, puis le paywall marque le passage vers les méthodes et ressources concrètes pour l’appliquer.
Et surtout, un lecteur peut voir passer plusieurs de ces articles sans avoir envie de passer au payant, puis tomber des semaines plus tard sur exactement la thématique ou la ressource dont il a besoin à ce moment-là. Et c’est peut-être elle qui créera le déclic.
C’est pour ça que je ne vois pas le paywall uniquement comme une porte qui ferme l’accès à une partie du contenu. C’est aussi une vitrine sur ce qui existe derrière.
La conversion ne se joue pas uniquement au lancement. Si tu veux construire un revenu significatif avec ta formule payante, il faut continuer à en parler, montrer ce qui s’y construit et donner régulièrement aux lecteurs l’occasion de la rejoindre.
Travailler ensemble 👩🏻💻
Si tu veux gagner du temps et construire ton média efficacement pour commencer à en voir les effets sur ton activité plus rapidement, je propose un accompagnement individuel de six semaines.
On travaille ensemble de A à Z : positionnement, stratégie éditoriale, structure de ta publication, maîtrise de Substack, croissance et monétisation. Je vais jusqu’à la relecture de tes premiers contenus.
À la fin, tu repars avec un média qui renforce ton autorité, sert ton activité et que tu sais piloter en autonomie.
Le mot de la fin
J’ai passé huit heures sur cet article. J’avais tellement de choses à raconter et de nuances à apporter qu’il a fallu faire des choix pour restituer au mieux tout le cheminement derrière mon passage au payant et ce premier lancement.
Un like, un commentaire ou un Restack, c’est le meilleur coup de pouce que tu puisses donner à cet article pour le faire circuler et lui permettre d’être utile à d’autres. Et après toutes ces heures passées dessus, ça me fera forcément chaud au cœur 🧡
Et la semaine prochaine, je te prépare l’outil que j’aurais aimé avoir sous la main pour préparer et lancer ma propre formule payante, de quoi gagner du temps, savoir quoi faire à chaque étape et avancer efficacement sans avoir à tout construire de zéro.
















Merci pour ton retour d’expérience Nouha. C’est vraiment utile et concret (comme d’habitude 😊)
Très intéressant. Merci.