Le Média à Soi

Le Média à Soi

Faire de ton média un actif de marque personnelle

Ce qui manque à tes contenus, tu l’as peut-être déjà vécu

Une cartographie de ta matière personnelle pour aller chercher dans ton histoire et ton expérience de quoi rendre tes contenus plus incarnés et singuliers.

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Nouha Smaali
sept. 13, 2026
∙ Abonné payant

Il y a quelque temps, je me suis posé une question en relisant certains de mes contenus : “si j’enlevais mon nom, est-ce qu’on pourrait encore savoir qu’ils viennent de moi ?”

Sur une bonne partie, je pense que oui.

Parce que je parle beaucoup de ce que je teste concrètement avec Le Média à Soi, de mes choix, de ce que j’observe dans la communauté et de ce que j’en apprends au fur et à mesure.

La plupart de mes contenus reposent d’ailleurs sur de la documentation et des retours d’expérience, donc forcément, ça aide.

Sur d’autres en revanche, beaucoup moins.

Ça m’est déjà arrivé d’écrire des choses comme :

« Un même sujet peut être abordé sous des dizaines d’angles différents. »

« La répétition ne crée pas forcément de lassitude. Elle peut renforcer progressivement une conviction. »

« Les réseaux sociaux peuvent rester d’excellents outils de découvrabilité. »

Ces idées sont justes et utiles. Mais elles pourraient être écrites par d’autres personnes qui parlent de marketing ou de création de contenu.

Et ce n’est pas grave en soi.

Un contenu n’a pas besoin d’être 100 % personnel ni composé uniquement d’idées originales pour avoir de la valeur. Au contraire, certains fondamentaux méritent d’être répétés.

Le vrai problème commence plutôt quand presque tout ce qu’on publie pourrait avoir été écrit par quelqu’un d’autre sans que le lecteur voie vraiment la différence.

Et l’IA rend ce phénomène encore plus visible, parce qu’elle sait très bien produire ce type de contenu : correct, clair, utile… mais souvent très générique.

Pour éviter que nos contenus le restent, il faut y apporter suffisamment de contexte, d’expérience et de regard personnel pour leur donner du relief et les rendre plus reconnaissables.

C’est ce qu’on va voir dans l’article du jour !

Au programme

  1. Ce qui fait la différence, c’est le contexte qui vient de toi

  2. Le problème, c’est qu’on ne voit plus toujours sa propre matière

  3. Cartographier ta matière pour révéler tout ce qu’elle peut devenir

Bonne lecture, ou bonne écoute 🧡


1. Ce qui fait la différence, c’est le contexte qui vient de toi

Ce qui rend un contenu plus singulier ne vient pas forcément de l’idée de départ.

Ça vient souvent de tout ce que tu es capable de mettre autour : une expérience vécue, une erreur qui t’a fait changer de méthode ou une conviction construite avec le temps etc.

Je le vois moi-même dans mes propres contenus.

Exemple 1 : raconter les coulisses plutôt que tirer une conclusion générale

Quand je parle du lancement de La Fabrique, par exemple, je pourrais me contenter d’en tirer une conclusion générale sur la vente d’un abonnement payant, du type :

« Les hésitations font partie du processus d’achat. »

C’est vrai, mais dit comme ça, ça reste très général.

Ce qui donne du relief à ce que je raconte, ce sont les détails de ce que j’ai réellement vécu : les messages de personnes encore hésitantes, cette vidéo improvisée qui a finalement compté dans la décision de plusieurs abonnés, ou encore les schémas de comportement que j’ai observés, aussi bien côté Stripe que dans les mails envoyés.

L’idée de fond peut être commune. Mais le vécu autour ne l’est pas de la même manière.

Exemple 2 : partir d’une conviction, puis montrer ce qui l’a construite

Je pourrais aussi écrire qu’« une audience engagée vaut mieux qu’une grosse audience passive ».

Là encore, l’idée est juste. Mais seule, elle reste assez commune.

Ce qui lui donne du poids, c’est ce que j’observe depuis des mois avec Le Média à Soi : une communauté vivante dans le chat, plus de la moitié de mes abonnés avec un niveau d’activité élevé, les mêmes lecteurs qui reviennent dans les commentaires et de nombreux messages privés après certains contenus.

Parce qu’au fond, 1 300 abonnés affichés sur un profil n’auraient pas du tout le même poids à mes yeux sans toute cette activité derrière.

Quand je dis aujourd’hui qu’une audience engagée compte plus qu’une grosse audience passive, je ne reprends donc pas seulement un principe marketing. Je parle de quelque chose que je vois et que je vis concrètement dans mon propre média.

Exemple 3 : relier une idée générale à l’expérience qui l’a fait naître

Je pourrais écrire « Une reconversion ne se fait pas en ayant toutes les réponses dès le départ. »

L’idée est bonne. Mais là encore, elle pourrait être formulée par d’autres.

Dans mon cas, cette conviction vient d’une période très précise : quand j’ai quitté la banque après cinq ans en CDI, je savais que je voulais aller vers le marketing, sans encore savoir exactement quelle forme allait prendre la suite.

Le champ des possibles était vaste, plus vertigineux que rassurant. Ce qui m’a aidée à avancer, c’est notamment d’écrire beaucoup, de revenir sur ce que j’aimais faire, sur ce que je ne voulais plus, et de laisser la direction se préciser progressivement.

Donc l’idée de départ ne change pas, mais cette fois, on comprend pourquoi j’y crois.

Et en soi, aucun de ces éléments n’a besoin d’être unique pris séparément.

Je ne suis pas la seule à avoir travaillé dans la finance.
Ni la seule à m’être reconvertie.
Ni la seule à avoir quitté le salariat.
Ni la seule à m’être lancée à mon compte.
Ni la seule à construire un média.

Mais le combo finance + reconversion vers le marketing + sortie du salariat + activité indépendante + construction de mon propre média + accompagnement d’autres indépendants, ça forme déjà quelque chose de plus singulier.

À cela viennent encore s’ajouter mes erreurs, mes tests, mes apprentissages, les échanges avec mes clients etc.

C’est cette accumulation qui finit par construire un regard, un contexte et une manière de raconter qui deviennent vraiment les tiens.

Et c’est aussi pour ça qu’incarner davantage ses contenus ne veut pas dire raconter sa vie pour raconter sa vie.

Il s’agit plutôt d’aller chercher, quand c’est pertinent, le morceau de contexte qui aide le lecteur à comprendre pourquoi tu penses comme ça, pourquoi tu fais les choses de cette manière, ou ce que ton expérience t’a appris à voir différemment.

2. Le problème, c’est qu’on ne voit plus toujours sa propre matière

Cette matière est souvent déjà là. Mais comme elle vient de notre quotidien, de notre travail et de notre parcours, elle finit par nous paraître normale.

Je m’en rends compte régulièrement en écrivant.

Il y a des choses que je fais aujourd’hui automatiquement avec Le Média à Soi, des réflexes que j’ai développés et des décisions que je prends beaucoup plus vite qu’avant.

Et c’est seulement quand un lecteur ou un client me pose une question, m’envoie un message privé ou me fait remarquer quelque chose que je réalise qu’un détail qui me paraît évident ne l’est pas du tout pour la personne en face.

C’est pareil avec certaines expériences plus anciennes.

Quand j’ai quitté la banque pour me reconvertir par exemple, je ne pensais pas que mes hésitations, les pages que j’écrivais pour essayer d’y voir plus clair ou les différentes étapes par lesquelles je passais pourraient un jour nourrir mes contenus.

Sur le moment, je les vivais simplement.

C’est avec le recul que certaines expériences deviennent vraiment exploitables. Une erreur qui devient un apprentissage, une période de doute qui finit par faire émerger une conviction, ou encore une manière de faire construite progressivement qui devient quelque chose qu’on peut transmettre aux autres.

Sauf qu’au moment de créer du contenu, on a souvent le réflexe d’aller chercher la prochaine idée ou la matière qui pourrait la nourrir ailleurs.

Alors qu’une partie de ce qui pourrait donner le plus de relief à ce qu’on écrit est déjà là, dispersée dans notre propre vécu.

Et c’est souvent dans ces détails que se trouve le plus de valeur.

Parce qu’ils apportent du contexte, de la preuve et de la nuance. Ils permettent de ne pas rester au niveau du conseil général et donnent au lecteur quelque chose de plus concret à comprendre, à retenir ou à reconnaître.

Le problème est donc rarement de manquer de matière, mais plutôt de ne pas l’avoir suffisamment identifiée et organisée pour penser à l’utiliser au moment d’écrire. Et c’est précisément là que la cartographie devient utile.

3. Cartographier ta matière pour révéler tout ce qu’elle peut devenir

L’enjeu est donc de sortir cette matière de ta tête, de faire le tri, puis de la rendre suffisamment claire pour pouvoir t’en servir.

On va d’abord faire émerger tout ce qui, dans ton parcours, ton vécu, tes expériences, tes observations et tes convictions, peut nourrir tes contenus.

Ensuite, on va sélectionner ce qui mérite réellement d’entrer dans ta réserve éditoriale : la matière qui t’appartient, qui apporte quelque chose au lecteur et qui a sa place dans le média que tu construis.

Puis on va transformer cette matière en pistes de contenus concrètes, pour que tu voies comment l’exploiter sans repartir de zéro à chaque fois.

À la fin, tu auras construit ta cartographie de matière personnelle : une base que tu pourras enrichir au fil du temps et dans laquelle revenir puiser dès que tu veux donner plus de contexte et de singularité à ce que tu écris.

Autrement dit, au lieu de chercher sans cesse quoi dire de nouveau, tu commenceras à mieux exploiter tout ce que tu as déjà vécu.

Tu peux déjà amorcer ta cartographie dès maintenant avec la ressource disponible plus bas.

On se retrouve ensuite pendant l’Atelier du jeudi 17 septembre à 12h. Je ferai moi-même l’exercice en direct, à partir de ma propre matière, pour te montrer concrètement comment je réfléchis, ce que je garde, ce que j’écarte, pourquoi, et comment je commence à transformer tout ça en pistes de contenus.

L’idée, c’est que tu puisses ensuite reprendre ta cartographie avec plus de recul, de méthode, et surtout une meilleure compréhension de la façon d’en tirer le maximum.

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