Être visible quand on est indépendant : le modèle à questionner
Entre la pression de créer du contenu, la fatigue des réseaux et l’envie de bâtir quelque chose de durable, il y a peut-être une autre voie à envisager.
Quand on est indépendant, on sait qu’il faut construire sa marque personnelle pour inspirer confiance et attirer des clients.
Pour ça, on est obligé de passer par la création de contenu, par le fait de se raconter, de partager ses idées et de montrer son univers.
En tant qu’indépendante, et même avec mon regard de marketeuse, je sais très bien que cette logique a du sens.
Mais il y a un point qu’on interroge beaucoup moins.
Que se passe-t-il quand cette visibilité repose sur une présence constante, difficile à tenir, surtout quand on est seul à porter toute son activité ?
Être visible quand on est indépendant ne devrait pas forcément vouloir dire publier partout, tout le temps. Une visibilité durable repose plutôt sur des canaux qu’on peut tenir dans le temps, une parole claire, une relation directe avec son audience et des contenus qui continuent d’exister au-delà de quelques heures d’algorithme.
✒︎ Ce qu’on oublie quand on parle de visibilité aux indépendants
C’est qu’un indépendant n’a pas une équipe marketing derrière lui.
On a déjà un métier à faire, des clients à gérer et des missions à assurer.
Les journées sont bien pleines, et la charge mentale est déjà assez lourde comme ça.
Donc quand on nous explique qu’il faut aussi faire de la vidéo, poster régulièrement tout en suivant les dernières tendances, et surtout éviter de faire des pauses sous peine d’être moins mis en avant, il y a une partie du discours qui ne tient pas compte de la réalité.
Autrement dit, on demande à des indépendants qui ont déjà une activité à faire tourner de porter aussi, en parallèle, une vraie casquette de créateur de contenu à temps plein. Comme si leur métier ne suffisait pas à lui seul.
Oui, bien sûr ! Mais avec quel temps ? Avec quelle énergie ? Et au détriment de quoi ?
C’est ça qui me pose problème : cet écart entre ce qu’on recommande sur le papier et ce qu’on peut réellement tenir dans la durée quand on est seul à tout porter.
✒︎ Le piège des réseaux : être visibile, oui mais à quel prix ?
Au-delà de la charge de travail que ça demande, ce qui me dérange le plus, c’est la dépendance que ça crée.
Sur les réseaux, on peut très vite tomber dans une logique où il faut alimenter la machine en continu pour ne pas être oubliée. On publie et on recommence, avec toujours cette peur de lever un peu le pied et de mettre en péril la visibilité de son activité.
Et à force, on se retrouve dans une roue de hamster. On poste une vidéo qui circule quelques heures, parfois deux ou trois jours au mieux, sans même être sûre qu’elle ait réellement apporté quelque chose. Puis on repart de zéro.
Le plus frustrant dans tout ça, c’est qu’on investit énormément d’énergie et de temps dans des plateformes qui ne nous appartiennent pas.
On peut y être visibles, oui. Mais on reste locataires, pas propriétaires.
On dépend de règles qu’on ne maîtrise pas, d’algorithmes qui changent, et de plateformes qui décident à notre place de ce qui sera poussé ou pas.
Et ces algorithmes ne sont pas pensés pour servir notre visibilité, mais pour retenir les internautes le plus longtemps possible sur la plateforme, afin de maximiser la consommation de publicités.
Donc forcément, si c’est un contenu plus divertissant qui capte davantage l’attention, c’est ce type de contenu qui aura tendance à être favorisé, aussi creux et débile soit-il.
Au bout du compte, on se retrouve à nourrir un système qui nous demande d’être toujours là, sans jamais vraiment nous garantir de stabilité en retour.
Je ne dis pas que les réseaux sociaux ne servent à rien. Ce serait faux.
Quand on accepte de jouer selon leurs règles et leurs codes, ils peuvent être extrêmement puissants et offrir de vraies opportunités d’acquisition.
Mais je refuse d’en faire la colonne vertébrale de tout ce que je construis (et je refuse de me plier à leurs codes au passage)
Parce qu’à partir du moment où mon activité dépend d’un espace que je ne possède pas, et sur lequel j’ai si peu de contrôle, pour moi ça devient une fragilité structurelle.
✒︎ Pourquoi tous les modèles de visibilité ne se valent pas ?
C’est aussi là qu’il faut remettre un peu de nuance dans tout ce qu’on entend sur la visibilité.
Quand on est une entreprise avec une équipe marketing dédiée à la création de contenu, bien sûr que ça a du sens de mettre le paquet sur la vidéo et les formats courts. Évidemment que ça peut être une excellente stratégie.
Mais quand on est indépendant, seul, avec un temps et une énergie limités, la réalité n’est pas du tout la même.
On ne peut pas prendre des modèles pensés pour des structures entières et les appliquer tels quels à des indépendants qui doivent déjà gérer leur missions, leur administratif et tout le reste.
À mes yeux, le vrai sujet n’est donc pas de savoir s’il faut faire de la vidéo à tout prix.
Le vrai sujet, c’est de se demander : “Où est-ce qu’un indépendant a vraiment intérêt à investir son temps et son énergie (qui sont des ressources limitées) pour construire quelque chose de solide et de durable ?”
Autrement dit, il faut choisir les efforts et les canaux qui ont du sens par rapport à SA réalité.
Parce que se forcer à faire de la vidéo et à être sur toutes les plateformes n’est pas vraiment une preuve d’intelligence stratégique. C’est surtout un risque de dispersion.
Et quand on est indépendant, cette confusion peut coûter cher : en temps, en énergie, et même en clarté.
Tout ce qui est efficace et soutenable pour une entreprise ne l’est pas forcément pour un indépendant. Et je pense que c’est une distinction qu’on gagnerait à faire beaucoup plus souvent.
✒︎ Pourquoi je choisis un média propriétaire, une newsletter sur Substack
Je crois beaucoup plus à la newsletter et à la construction d’un média propriétaire, comme ici sur Substack. C’est aussi pour ça qu’aujourd’hui, j’ai choisi d’y investir mon temps et mon énergie.
Ce n’est pas facile pour autant. Il y a aussi un rythme à tenir. Écrire régulièrement, trouver le bon angle, apprendre à mieux structurer sa pensée etc. Tout ça demande beaucoup d’investissement.
Mais à mes yeux, ça vaut bien plus le coup que la création de snack content sur les autres réseaux.
D’abord parce que la qualité du lien n’est pas la même. Sur une newsletter, on n’est pas dans la même logique de consommation que sur Instagram ou TikTok. On n’écrit pas pour être vu entre deux scrolls. On écrit dans un espace où la personne a choisi de recevoir, de lire, et de prendre un peu plus de temps.
Le contenu long permet plus de profondeur, plus de nuance et plus de réflexion. Il laisse plus de place à quelque chose de plus vrai et de plus construit.
Et puis il y a un autre point qui, pour moi, est fondamental : avec une newsletter, on commence à construire un média propriétaire.
On n’est plus seulement en train d’exister sur des plateformes qui ne nous appartiennent pas.
On construit quelque chose de plus stable. Un espace où la relation dépend moins d’une logique de distribution qui nous échappe, et davantage d’un écosystème plus durable et maîtrisable. Avec une liste email qui devient un véritable actif pour son activité.
Et même si demain Substack disparaissait, la liste resterait là. La communauté construite et les liens créés, tout ce qui a été tissé au fil du temps ne serait pas perdu de la même manière.
Certes, c’est plus lent. Et oui, ça demande beaucoup de patience !
Mais je préfère largement cette stratégie là, parce que je ne cherche pas seulement la visibilité. Je cherche surtout à construire quelque chose qui tienne dans le temps.
Quelque chose de bien fait, de plus profond, et surtout de plus sain.
✉︎ Note à soi ✉︎
Je n’ai pas besoin de suivre aveuglément les modèles marketing qu’on me présente comme incontournables.
C’est aussi pour ça que j’ai pris un vrai parti pris : celui de tout miser sur un média propriétaire sur Substack.
Je sais pourquoi je le fais. Je sais aussi ce que je suis en train de construire. Et surtout, je m’évite de tomber dans cette roue, dans cette dépendance à devoir produire en continu du contenu éphémère pour être “visible”
À la place, je bâtis quelque chose de plus solide et de plus maîtrisé, qui dure dans le temps.
❥ Et toi ?
Dans la façon dont tu essaies de te rendre visible aujourd’hui, est-ce que la stratégie que tu suis en ce moment est vraiment adaptée à toi, à ta réalité et à tes ressources ?
Ou est-ce que tu t’efforces juste de rentrer dans un modèle qu’on t’a présenté comme incontournable ?
Dis-moi tout ! 🧡




Pardon. Tu n’es pas plus propriétaire ici que Sur LKD ou Tiktok. Demain, Substack décide de te bannir, c’est mort.
Sur le fond, je te rejoins totalement. Choisir ses combats, donc une ou deux plateformes.
Mais pour moi, j’avoue que je ne comprends pas pour les solos d’aujourd’hui misent principalement sur les RS. Un site web c’est de la visibilité toute l’année.
Il faut produire aussi, on est d’accord. Mais Google est bien plus stable que les altos des RS. Et ce n’est clairement pas plus de taf que d’alimenter des réseaux.
Je crois qu'on revient à l'essentiel. La relation humaine avant tout.