Comment j’ai vécu ces 4 premiers mois de création de contenu sur Substack
L’évolution de ma vision, les doutes traversés, les défis apparus avec la croissance et tout ce que cela a changé dans ma manière de créer.
Il y a exactement quatre mois, je publiais mes premiers écrits sur Substack. Je suis passée d’un carnet personnel lancé sans audience ni plan précis, à un média réunissant 970 lecteurs et qui est devenu un levier pour mon activité indépendante me permettant déjà de signer des clients.
J’aurais pu te faire un bilan à travers les chiffres, les décisions prises ou les stratégies qui ont contribué à cette progression.
Mais, avec le recul, j’ai préféré te raconter comment j’ai vécu la construction de ce média : les doutes du début, les déclics qui ont fait évoluer mon positionnement et les nouvelles questions apparues à mesure que le projet grandissait.
Vois cet article comme un retour d’expérience honnête sur ce qu’on traverse quand on part de zéro sur une nouvelle plateforme, qu’on construit un média sans avoir toutes les réponses et que ce projet commence, peu à peu, à prendre plus de place que prévu.
Au programme
1.Quand écrire une newsletter ne me suffisait plus
2.Repositionner ma newsletter et assumer une nouvelle direction
3.Mon nouveau positionnement a trouvé ses lecteurs et ses détracteurs
4.Les nouveaux défis qui apparaissent quand un média grandit
Ça faisait quelque temps que je n’avais pas écrit un article aussi introspectif. J’espère qu’il te plaira autant que les articles plus analytiques et stratégiques que je publie habituellement.
Bonne lecture (ou bonne écoute, si tu préfères laisser la voix IA t’accompagner dans le récit de ces quatre mois) 🧡
1. Quand écrire une newsletter ne me suffisait plus
Quand j’ai créé mon compte Substack, je ne cherchais pas à construire un média.
J’avais simplement envie de retrouver le plaisir d’écrire, moi qui pratiquais déjà beaucoup le journaling depuis quelque temps.
À ce moment-là, je travaillais dans le social media management pour les indépendants, principalement autour des formats vidéo courts. Mais, que ce soit en tant que créatrice ou consommatrice de contenu, je commençais déjà à ressentir les limites de ce modèle. J’avais fait le tour du snack content et j’avais envie de retrouver des contenus plus lents, plus profonds.
Je venais aussi de déménager à Toulouse et je traversais une période où beaucoup de choses changeaient. Substack me faisait de l’œil, et je me suis simplement dit : pourquoi ne pas essayer, moi aussi ?
C’est comme ça qu’est né Carnet d’une trentenaire (maintenant que j’y pense, j’ai l’impression que c’était une autre époque 🥹)
J’y partageais les réflexions qui m’accompagnaient à ce moment-là, en tant que trentenaire qui se posait beaucoup de questions et traversait une période de grands changements.
Pendant la première semaine, je publiais une Note par jour, ainsi qu’un article.
Et il ne se passait absolument rien.
Zéro interaction.
Sauf que, quand je me lance dans un projet, j’ai besoin de comprendre comment il fonctionne réellement. J’ai du mal à faire les choses à moitié et j’ai besoin de voir que les efforts que j’y consacre produisent des résultats.
Alors, plutôt que de conclure que « Substack ne marchait pas », je suis allée chercher des réponses dans la documentation officielle et auprès de créateurs anglophones. Puis j’ai commencé à tester et à observer par moi-même.
Les premiers abonnés sont arrivés, puis les 100, puis les 200.
Pourtant, les chiffres n’étaient pas la seule chose qui était en train de changer chez moi.
Le vrai tournant est arrivé lorsque je me suis surprise à prendre davantage de plaisir à comprendre la plateforme qu’à raconter ma propre vie.
Mes Notes ont naturellement évolué. Je parlais moins de moi et davantage de ce que je découvrais au fil de mes expérimentations.
C’est là que j’ai commencé à me sentir à l’étroit dans Carnet d’une trentenaire.
J’aimais toujours partager mes réflexions et mes questionnements, et voir les lecteurs s’y reconnaître. Mais, au fond, une question revenait de plus en plus souvent : à quoi servent vraiment les contenus que je publie ?
Je n’ai jamais eu un profil particulièrement littéraire. Ce qui m’anime, c’est d’observer, de comprendre pourquoi certaines choses fonctionnent et d’autres non, puis d’en tirer des enseignements. Disons-le clairement : j’ai surtout un profil analytique.
Petit à petit, j’ai compris que ce n’était pas seulement l’écriture qui m’avait attirée sur Substack.
Je cherchais surtout une autre manière de créer et de consommer du contenu.
Une manière plus lente, plus durable et moins dépendante de la logique des réseaux sociaux.
Pendant ce temps-là, mes contenus continuaient à trouver leurs lecteurs, alors même que je faisais encore les choses de manière assez instinctive.
Je me suis donc posé la question : si la plateforme pouvait produire ces résultats sans véritable stratégie, qu’est-ce que cela donnerait avec une intention éditoriale claire ?
À partir de là, je n’y voyais plus seulement un endroit où publier des articles.
J’y voyais un média.
2. Repositionner ma newsletter et assumer une nouvelle direction
Je ne voulais plus raconter ma vie de trentenaire. Ce que j’avais réellement envie de faire, c’était documenter la manière dont une newsletter Substack peut devenir un véritable média.
D’un coup, beaucoup de choses ont pris sens.
Je savais enfin pour qui j’avais envie d’écrire, pourquoi je le faisais et ce que j’avais envie d’apporter. Ce n’était plus une succession d’articles publiés au fil de mes envies. Chaque contenu venait désormais servir un projet éditorial plus grand.
Mais comprendre tout cela ne signifiait pas encore avoir le courage de l’assumer.
Même si Carnet d’une trentenaire n’avait existé qu’un mois et demi, plus de 250 personnes s’y étaient déjà abonnées. J’appréhendais leur réaction. J’avais peur de décevoir celles et ceux qui s’étaient inscrits pour suivre cette première version de la publication.
Et, mine de rien, il fallait aussi accepter de refermer ce premier chapitre.
Ce n’était qu’un mois et demi. Pourtant, j’y avais mis beaucoup d’énergie, de doutes et d’enthousiasme. Changer de direction, c’était reconnaître que ce projet m’avait menée ailleurs que là où je pensais aller au départ.
Une autre question me revenait régulièrement.
Parler de marketing, de création de contenu et de stratégie faisait pourtant partie de mon activité depuis le début. Mais je me demandais si Substack était vraiment le bon endroit pour ça. La plateforme semblait avant tout accueillir des écrivains, des récits personnels et des réflexions très humaines.
Je craignais que mon approche paraisse trop technique, trop “marketing”, ou simplement à contre-courant de ce que les lecteurs venaient chercher ici.
Puis j’ai compris que j’étais en train d’opposer deux choses qui n’avaient pas besoin de l’être.
Je n’avais pas à choisir entre raconter des histoires et transmettre de la stratégie.
Je pouvais parler de marketing sans perdre ma sensibilité. Partager des analyses sans écrire comme dans un manuel. Et montrer les coulisses de mes expérimentations sans renoncer à une écriture personnelle.
À partir de ce moment-là, la décision était prise.
J’ai annoncé le changement à la communauté.
Une fois le message publié, j’ai ressenti un immense soulagement, qui a très vite laissé place à une excitation que je n’avais encore jamais ressentie depuis le lancement de la publication.
J’ai changé le nom de la newsletter, revu mon profil, réécrit le mail de bienvenue et repensé tous les éléments qui présentaient mon média. Et là, tout était cohérent : le sujet, les lecteurs auxquels je voulais m’adresser, mon activité et la direction que je souhaitais donner à ce projet.
Cette cohérence a complètement transformé ma manière de créer.
Les idées n’ont plus cessé d’arriver. Parce que je savais enfin où j’allais, chaque échange et chaque observation sur la plateforme devenaient une nouvelle piste à explorer. Une Note appelait un article. Un article faisait naître une nouvelle question. J’avais enfin le sentiment d’avancer dans une direction claire.
Pour la première fois depuis le lancement de ma publication, je n’avais plus l’impression d’écrire simplement une newsletter.
J’avais le sentiment de construire, pas à pas, le média que j’avais envie de voir exister.
3. Mon nouveau positionnement a trouvé ses lecteurs et ses détracteurs
Sur une base d’un peu plus de 250 abonnés, seulement sept personnes se sont désabonnées après l’annonce de la nouvelle direction de la newsletter.
Je me rappelle avoir passé plusieurs jours à appréhender ce moment. J’avais peur que les lecteurs qui m’avaient suivie jusque-là ne se reconnaissent plus dans ce nouveau projet et décident de partir.
Au final, la grande majorité est restée.
Quelques jours plus tard, les premiers articles publiés sous Le Média à soi sont sortis.
Cette fois, chacun répondait à un vrai besoin et poursuivait un objectif clair : aider les lecteurs à mieux comprendre Substack et à construire un média durable grâce à cette plateforme.
Ils étaient pensés pour faire avancer les lecteurs d’un point A à un point B.
Très vite, j’ai senti qu’il se passait quelque chose de différent.
Les premiers retours sont arrivés. Puis les abonnements aussi.
Pendant trois semaines d’affilée, je gagnais près d’une centaine d’abonnés chaque semaine.
Évidemment, ces chiffres m’ont fait plaisir. Mais ce qui m’a surtout marquée, c’est la qualité des personnes qui arrivaient.
Je voyais de plus en plus d’indépendants, de consultants, de créateurs de contenu et de professions libérales se reconnaître dans ce que je partageais.
Les personnes pour lesquelles j’avais envie d’écrire étaient bien là. Elles rencontraient exactement les problématiques que j’avais envie d’aider à résoudre.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que mon repositionnement n’était pas seulement cohérent sur le papier. Il trouvait écho auprès des personnes auxquelles il était destiné.
Mais plus le média grandissait, plus les réactions devenaient contrastées.
La remarque que je lisais le plus souvent était : « Ça fonctionne parce que tu parles de Substack. »
Et je l’avoue, ça m’agaçait.
J’avais l’impression qu’on réduisait des semaines de réflexion, de repositionnement et de travail éditorial à un simple choix de sujet.
Certes, parler de Substack me donnait naturellement accès à une audience déjà présente sur la plateforme. Cela expliquait en partie l’ampleur de cette croissance.
Mais cette croissance reposait surtout sur un travail de fond autour des mécanismes propres à la plateforme et des concepts marketing qui les sous-tendent : le positionnement, la ligne éditoriale, la relation avec les lecteurs, les Notes, la découvrabilité etc.
Ces principes ne sont pas réservés aux personnes qui parlent de Substack. Ils peuvent être adaptés à de nombreux autres sujets.
J’ai aussi reçu un autre type de remarques :
« Pourquoi parler de statistiques et de visibilité ? »
« Pourquoi parler de marketing alors qu’on est ici pour la beauté de l’écriture ? »
Au début, j’essayais sincèrement de répondre à chacune de ces critiques.
Parce que je pensais, sans doute un peu naïvement, qu’en expliquant mieux ma démarche, tout le monde finirait par comprendre ce que j’essayais de faire.
Avec le temps, j’ai réalisé que c’était une attente impossible.
Mon message ne s’adressait pas à tous les utilisateurs de la plateforme. S’il ne résonnait pas auprès de certains, c’était parfaitement OK.
Chacun restait libre de construire le média qui lui ressemblait, tant que cela se faisait dans le respect des autres.
J’ai aussi compris quelque chose de plus personnel.
Plus mon message devenait clair, plus il attirait les bonnes personnes et plus il cessait naturellement de parler à d’autres.
En soi, c’est aussi ça, assumer un positionnement.
C’est accepter sereinement que son message ne résonne pas auprès de tout le monde.
4. Les nouveaux défis qui apparaissent quand un média grandit
Les critiques n’ont pas été la seule conséquence de cette croissance. À mesure que le média grandissait, de nouveaux défis sont apparus, bien différents de ceux du lancement.
Avec l’arrivée de nouveaux lecteurs, j’ai commencé à ressentir une forme de responsabilité. Chaque nouvel abonné représentait une personne qui choisissait de consacrer une partie de son temps à lire ce que j’écrivais.
Je voulais continuer à mériter leur confiance. Être à la hauteur de ce temps et de cette attention qu’ils m’accordaient.
Cette responsabilité a naturellement fait monter mon niveau d’exigence. Mais elle a aussi fait naître une pression que je ne connaissais pas jusque-là.
Peu à peu, cette pression a commencé à influencer aussi ma façon de regarder les résultats.
Quand certains articles ont très bien performé, je me suis surprise à espérer que le suivant fasse aussi bien. Puis le suivant. Puis celui d’après encore.
Sans même m’en rendre compte, chaque article qui dépassait mes attentes en termes de performances devenait la nouvelle référence à atteindre.
Alors qu’en réalité, je sais pertinemment que mes articles ne poursuivent pas tous le même objectif. Avant de les écrire, je détermine généralement le rôle que je veux leur donner : attirer de nouveaux lecteurs, renforcer la relation avec les abonnés déjà présents ou simplement tester une intuition.
Ils ne peuvent donc pas tous être évalués de la même manière ni produire les mêmes résultats.
J’essaie donc de me concentrer sur ce que je maîtrise : écrire le meilleur article possible, apprendre de chaque publication, puis laisser les statistiques faire leur travail.
Cette croissance a aussi profondément changé ma façon d'utiliser la plateforme.
Au tout début, mon travail consistait presque uniquement à écrire. Aujourd’hui, l’écriture n’en représente plus qu’une partie.
Je passe presque autant de temps à répondre aux commentaires, à animer le chat de la communauté, à échanger en messages privés et à préparer des collaborations avec d’autres auteurs, tout en accompagnant mes clients en individuel.
Autant dire que cela demande beaucoup d’organisation, mais aussi une vraie gestion de mon temps et de mon énergie, si je veux préserver la qualité de mes contenus et de mes échanges sans finir par m’épuiser.
Enfin, il y a un dernier défi auquel je ne m’attendais pas.
Plus un média devient visible, plus ses idées circulent, et il arrive qu’elles soient reprises sans toujours être attribuées.
La première fois que cela m’est arrivé, je ne savais pas vraiment quoi en penser.
Aujourd’hui, je me dis qu’on peut reprendre une idée, une structure ou même un framework.
En revanche, il est beaucoup plus difficile de reproduire les mois d’expérimentations, de tests, d’observations et de remises en question qui leur ont donné naissance.
À mon sens, c’est là que réside la véritable valeur d’un média : non pas dans une idée isolée, mais dans sa capacité à produire, semaine après semaine, une réflexion cohérente nourrie par l’expérience.
Le mot de la fin
Si je peux affirmer une chose aujourd’hui, c’est que ces quatre mois de création de contenu intense m’ont apporté bien plus que des abonnés ou des opportunités pour mon activité.
Écrire autant, partager mes idées, les confronter au regard des autres, recevoir des encouragements comme des critiques, tout cela m’a obligée à regarder davantage à l’intérieur.
J’ai dû clarifier ce que je pensais vraiment, découvrir puis assumer mes prises de position, comprendre ce que je voulais défendre et accepter qu’en devenant plus visible, je devenais aussi plus vulnérable.
Au départ, je voulais simplement lancer une newsletter.
Aujourd’hui, je comprends pourquoi tant de créateurs parlent de leur média comme d’une aventure profondément personnelle. Je ne crois pas qu’on puisse vraiment le comprendre avant de l’avoir vécu.
Je sais bien que quatre mois, ce n’est pas énorme. Je ne suis sans doute qu’au début de cette aventure. Mais si je peux te souhaiter une chose, c’est de vivre ce cheminement avec ton propre média. Pas seulement pour ce qu’il pourra apporter à ton activité, mais pour tout ce qu’il pourra aussi faire évoluer dans ta manière de penser, de créer et de prendre ta place.
Merci d’avoir lu jusqu’ici 🧡
Si tu penses que ce récit mérite d'être lu par d'autres créateurs, un Restack est sans doute le plus beau coup de pouce que tu puisses lui donner. Et comme toujours, n'hésite pas à venir en discuter avec moi en commentaire.



La pression qui monte à mesure que le média grandit, ça m'a fait penser à quelque chose que je vois souvent. Le moment où on commence à être regardé, on se met à se regarder aussi. Et le regard sur soi change tout à la façon de créer.
Je traverse exactement ça en ce moment : le repositionnement, les doutes qui vont avec, les questions sur ce qu'on garde et ce qu'on lâche en même temps que j'accompagne mes clients sur ce même chemin.
Rester alignée avec ce pourquoi on a commencé, quand les chiffres s'emballent dans un sens ou dans l'autre, c'est probablement le travail le plus exigeant. Pas la stratégie. Pas le contenu. Ça.
Merci pour ce retour aussi honnête sur tes coulisses.
Merci pour ce témoignage ! Ça me fait du bien de lire que c'est une réelle étape, celle d'assumer ses positions. Je n'écris pas sur les mêmes sujets, et parfois je me demande si je suis au bon endroit. Puis je vois mes abonnés et les retours qu'ils me font et je suis rassurée.
La critique aussi me fait du bien. Elle me pousse à réfléchir encore plus loin, elle me défie dans mes questionnements et je pense qu'elle contribue ainsi à améliorer mon contenu.
Toutefois, j'aime essayer de ne pas m'attacher trop aux statistiques : si je peux aider ne fût-ce qu'une poignée de personnes, ce que j'écris est utile et a sa place hors de l'intime :)