Il a fallu que la vie me secoue pour que j’ouvre enfin les yeux
Je reviens sur les deux événements qui ont profondément réveillé en moi l’envie de changement, pour que tu n’aies peut-être pas besoin, toi aussi, que la vie t’ouvre les yeux aussi violemment.
✒︎ Avant, ma vie était … “normale”
J’étais cadre en banque à Paris. J’avais de beaux revenus, une situation stable, des week-ends et des congés où on profitait, on sortait, et on voyageait.
Dit comme ça, il n’y avait pas grand-chose à remettre en question.
Et pourtant.
Je me revois en réunion, à écouter ce qui se disait en me demandant : “qu’est-ce que je fous là ?”
Je me revois aussi dans le métro, serrée contre les autres, déjà fatiguée avant même que la journée commence.
Ou encore à mon bureau, avec des clients en face de moi, en me disant que je n’avais pas signé pour ça. Je voulais être conseillère, pas commerciale.
Le soir, je retrouvais ma fille. Enfin… on enchaînait surtout la suite de la journée : le bain, le repas, le coucher.
Elle était fatiguée, et moi aussi.
Bien sûr, j’essayais quand même de profiter de ces moments-là.
Mais on était encore dans le speed, pas vraiment dans ces vrais moments de qualité qu’on imagine quand on pense à la vie de famille.
J’avais cette sensation que tout allait trop vite et que je passais à côté de l’essentiel.
Je ne mettais pas encore vraiment de mots là-dessus.
Mais au fond, je savais déjà que quelque chose n’allait pas.
✒︎ Quand “la vie est courte” prend tout son sens
Puis mon père est tombé malade.
Du jour au lendemain. Et entre le diagnostic et son décès, moins de deux mois se sont écoulés.
Ce qui me serre encore le cœur, quand j’y repense, ce n’est pas seulement la brutalité de la perte. C’est aussi tout ce qu’il y avait juste avant.
Il venait de partir à la retraite.
Pendant des années, il avait mis son énergie, son temps et son argent dans la construction de notre maison familiale. Il avait des projets simples, concrets, vivants.
Profiter enfin. Faire un potager dans le jardin. Ouvrir un petit commerce au rez-de-chaussée. Habiter autrement ce qu’il avait mis si longtemps à construire.
La maison venait à peine d’être terminée, et il est parti quelques semaines après.
Jusque-là, “la vie est courte” faisait partie de ces phrases qu’on entend souvent. Après la perte de mon père, elle n’avait plus du tout le même poids.
Ma manière de voir le temps n’a plus été la même. Je ne pouvais plus me dire aussi facilement qu’il y aurait forcément un “plus tard”.
Comme quoi, on croit comprendre certaines choses… jusqu’au jour où on les vit vraiment. Là, on les comprend pour de VRAI.
✒︎ Sous la lumière blanche du bloc
Un an après le décès de mon père, c’est moi qui suis tombée malade.
Un soir, j’ai commencé à tousser.
Je suis allée dans la salle de bain. Et là, j’ai vu le sang.
Je me souviens très bien de la suite, et en même temps, elle a quelque chose d’irréel dans mon esprit.
Les examens. L’attente. Puis le radiologue en face de moi, en train de me montrer l’emplacement de la tumeur, sa taille et la gravité de la situation.
Puis le rendez-vous avec le chirurgien.
Je l’entendais parler, mais sa voix me parvenait comme de loin.
Il m’expliquait qu’il fallait m’opérer en urgence. Que, vu l’endroit où la tumeur se trouvait, je risquais de me retrouver avec un seul lobe à la fin de l’opération.
Je revois encore le bloc.
La lumière blanche et le froid.
Et mes larmes qui coulaient toutes seules.
Ce n’était pas seulement la peur de l’opération. C’était autre chose.
Une tristesse immense. Et une forme de regret.
Je me souviens m’être posé des questions existentielles comme on dit :
“Est-ce que je suis fière de ce que j’ai fait de ma vie jusque-là ?”
“Est-ce que c’est vraiment cette vie-là que je veux vivre ?”
C’est à ce moment-là que je me suis faite une promesse : si je m’en sortais en bonne santé, il était hors de question de reprendre ma vie comme avant.
Heureusement, la tumeur était bénigne. Mon poumon est resté plus au moins intact.
Mais cette opération de 5 heures, et tout ce que j’ai vécu ce jour-là, m’a marquée bien au-delà de la cicatrice.
✒︎ Ce qui ne pouvait plus être remis à plus tard
Après ça, le vrai danger, pour moi, c’était de retourner à ma vie d’avant.
Rester dans un rythme qui me volait mes journées, mes moments avec ma fille, et surtout mon BIEN-ÊTRE.
Rester dans un métier complètement en décalage avec la personne que j’étais.
Rester dans une vie qui, au fond, me rendait malheureuse.
C’est à cette période-là que j’ai commencé à écrire.
Pour mettre des mots sur ce que je sentais en moi et pour vider mon sac.
L’écriture ne m’a pas donné une réponse magique.
Mais elle m’a aidée à y voir plus clair, et à trouver enfin le courage de passer à l’action pour changer réellement les choses.
✒︎ Ce que la vie m’a forcée à comprendre
Avec le recul, ce qui me frappe le plus, ce n’est pas seulement la violence des événements.
C’est la facilité avec laquelle on peut s’habituer à vivre à moitié, tant que tout reste à peu près confortable pour nous et présentable de l’extérieur.
On pense souvent qu’il faut une bonne raison pour changer. Quelque chose de visible, de légitime. Comme si le simple fait de ne plus se sentir à sa place ne suffisait pas.
J’ai longtemps fonctionné comme ça, moi aussi.
Et pourtant, aujourd’hui, c’est peut-être la chose que j’ai le plus envie de transmettre : ne méprise pas ce que tu sais déjà, à bas bruit.
Cette petite voix qu’on recouvre avec le quotidien.
Ce mal être qu’on minimise parce qu’il n’a pas encore explosé.
Ce décalage qu’on sent sans toujours réussir à l’expliquer.
Parce que souvent, la vie nous envoie des signes doucement bien avant de nous secouer.
Le problème, ce n’est pas qu’on ne sait pas.
C’est qu’on attend d’avoir une preuve plus violente pour s’autoriser à s’écouter.
✉︎ Note à soi✉︎
Je n’aurais jamais voulu comprendre tout ça de cette manière.
Mais depuis, il y a une chose que je garde toujours en tête : être en vie, ce n’est pas seulement remplir et enchaîner ses journées.
C’est aussi une chance. Une opportunité. Une possibilité.
Et il y a quelque chose de profondément triste à laisser passer ça en pensant qu’on aura toujours plus tard pour en profiter et vivre comme on en a vraiment envie.
❥ Et toi ?
Est-ce qu’il y a dans ta vie une situation, un rythme, quelque chose que tu continues à tolérer alors qu’au fond, tu sais déjà que ça te pèse plus que ça ne te fait du bien ?
✍︎ Dans la suite du carnet…✍︎
Dans le prochain article, je raconterai les trois grands virages que j’ai pris après ça : ma démission pour me lancer en freelance, ma reconversion professionnelle, ainsi que mon départ de Paris à Toulouse.
Pas sur un coup de tête. Pas de manière parfaite.
Mais avec une vraie intention : ne plus rester immobile dans une vie qui ne me ressemblait plus.
Si ça raisonne en toi, tu peux t’abonner pour me lire à nouveau.
À très vite 🧡




Ce n’est pas évident de se remettre en question et de trouver en soi le courage de passer à l’action et de changer les choses.
Le cerveau est programmé pour préférer le confort et la facilité, donc ne sois pas trop dure envers toi-même 😉
Et j’ai envie de te dire : mieux vaut tard que jamais !
J’espère que ton diagnostic ne révélera rien de grave, bon courage je sais exactement ce que c’est❤️
Ton texte quelle claque … Je suis actuellement en train de remettre tout en question comme j’attends un diagnostic. Je demande pourquoi j’ai attendu autant de temps pour quitter mon job que je n’aime pas 😑