Comment tenir mentalement quand tu démarres de zéro ?
Pourquoi le début est si inconfortable, quelle que soit ton aventure et comment mieux apprivoiser cette phase au lieu de la vivre comme un échec.
En ce moment, je suis au début de plusieurs choses à la fois.
Le début de ma création de contenu sur Substack et Instagram.
Le début de mon activité freelance.
Et aussi le début d’une nouvelle vie, avec un nouveau rythme dans une nouvelle ville.
Et je vais être honnête : être au début me pèse !
Moi, ce que j’aimerais c’est aller vite. Traverser cette phase le plus rapidement possible. Arriver directement à l’endroit où tout devient plus fluide et plus claire.
J’aimerais que les choses se mettent en place, ne plus être dans cette peau de débutante, et atteindre directement le moment où je maîtrise, où je commence enfin à voir des résultats.
Sauf que ça ne marche pas comme ça.
✒︎ Pourquoi le début fait si mal
Le début est inconfortable parce qu’il nous met dans plusieurs fragilités à la fois.
Il y a d’abord, l’exposition. Au début, on se montre avant de se sentir complètement confiant.
On écrit avant d’avoir trouvé sa voix. On poste avant d’être à l’aise. On lance une activité avant d’avoir tout cadré.
On avance alors qu’on ne se sent pas encore totalement prêt. Et forcément, ça nous rend vulnérable.
Puis, il y a l’incertitude. On ne sait pas encore exactement ce qu’on fait. On ne sait pas ce qui va marcher.
Si on est sur le bon ton, le bon format et le bon rythme.
C’est flou. On tâtonne et on doute.
Et comme rien n’est encore bien dessiné, on peut vite commencer à croire qu’on se trompe.
Il y a l’attente de résultats, aussi. On aimerait que le réel nous rassure rapidement.
Que ça prenne vite. Qu’il y ait un signe, quelque chose qui nous dise : “oui, continue, tu es sur la bonne voie.”
Sauf qu’au début, ça ne prend pas toujours tout de suite. Et ce silence peut peser lourd, surtout quand on a déjà tendance à se juger trop vite.
À tout ça s’ajoute souvent la comparaison.
On regarde ceux qui ont déjà trouvé leur voie, leur rythme, leur place, leurs clients, leur audience, etc.
Et sans même s’en rendre compte, on compare leur étape avancée à notre tout début.
Évidemment qu’après ça, on a l’impression d’être en retard !
✒︎ Ce qu’on attend de trop
Le vrai problème commence là : on n’accepte pas qu’un début soit simplement un commencement.
On voudrait déjà autre chose.
Que ce début prouve qu’on est capable. Qu’on est légitime. Qu’on a bien fait de se lancer. Et qu’on n’est pas en train de perdre notre temps.
Et moi la première !
Je voulais me prouver à moi-même, et prouver aux autres, que j’avais fait les bons choix. Que j’étais en train de bien faire. Que ce virage dans ma vie n’était pas une erreur.
J’avais beaucoup trop d’attentes pour une phase qui n’était pas faite pour ça.
On n’a pas besoin que les premières semaines rassurent sur toute la trajectoire.
On n’a pas besoin que les premiers essais donnent immédiatement raison.
On n’a pas besoin non plus d’y chercher une preuve propre de notre valeur.
Au départ, il y a surtout du flou, des essais, des maladresses, quelque chose qui n’est pas encore parfaite, pas encore aboutie. Et ce n’est pas grave !
Ça vaut pour beaucoup de choses : écrire, créer, entreprendre, etc.
À chaque fois, la tentation est la même : vouloir être validée tout de suite, au lieu d’accepter qu’au début, on est surtout en train d’apprendre et de construire quelque chose qui n’a pas encore trouvé toute sa forme.
✒︎ Le contraste qui complique tout
Une grande partie de ma difficulté vient sûrement de là. Peut-être toi aussi, d’ailleurs.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas été débutante quelque part.
Avant, j’étais cadre en banque. J’étais experte et je maîtrisais mon sujet. J’étais dans une posture connue et validée.
Et puis, d’un coup, je redeviens celle qui débute.
Celle qui teste et qui ne maîtrise pas encore.
Celle qui n’est pas encore vraiment à l’aise dans ce qu’elle construit.
J’avais clairement perdu l’habitude de cette place-là.
L’habitude de ne pas savoir et de tâtonner.
De me retrouver dans une phase d’apprentissage, avant de me sentir vraiment en confiance.
Parce qu’après des années dans le confort et sans vraiment se challenger, revenir au tout début de quelque chose, ça touche forcément à l’ego.
À l’image qu’on a de soi. Et, oui, un peu à notre patience aussi.
✒︎ Ce qu’on nous a appris à valoriser
Comme toi peut-être, je viens d’un parcours assez classique : les études, puis le salariat.
J’ai longtemps été la bonne élève. Celle qui a de bonnes notes, les bons diplômes puis la salariée toujours aussi performante.
Celle qui fait bien, qui coche les cases et qui réussit dans le cadre.
Dans ce type de trajectoire, on valorise rarement l’échec, les galères et encore moins les essais ratés.
Ce qu’on valorise, c’est le fait de “réussir”. De comprendre vite. D’être bonne. D’avoir des résultats.
Donc forcément, quand on commence quelque chose où il faut tester, se tromper, recommencer et ajuster, ça fait bizarre !
Comme si galérer voulait dire régresser. Comme si le flou voulait dire qu’on s’est trompée de route.
Alors que plus le temps passe, plus je comprends l’inverse.
Cette phase-là n’a rien d’un détour honteux. C’est juste un passage obligé. Et même un passage profondément formateur.
C’est là qu’on progresse vraiment et qu’on développe de vraies compétences.
C’est là qu’on arrête simplement de performer dans un cadre connu, pour commencer à construire quelque chose de plus personnel, de plus vivant et de plus vrai.
✒︎ Accepter cette phase pas très glorieuse et apprendre à mieux la traverser
Je pense que jusque-là, tu vois l’idée : Pour avancer vers quelque chose qui compte vraiment, il faut accepter une phase bien moins élégante que ce qu’on avait imaginé.
Une phase où l’on tâtonne, où l’on galère un peu, où certaines choses ne prennent pas tout de suite.
Maintenant, à mon sens, je crois que vivre cette étape devient beaucoup plus simple quand on arrête de la prendre pour un problème et qu’on commence à la remettre à sa juste place.
Après tout, il faut bien commencer quelque part.
Donc oui, il va falloir tester, se tromper, ajuster, avant que les choses deviennent plus claires et plus lisibles.
Oui, ça peut prendre du temps.
Mais ce temps-là dit simplement qu’on est dans une phase d’apprentissage.
Une phase nécessaire.
Je sens encore cette partie de moi qui voudrait que tout aille plus vite. Et l’impatience, bien sûr.
Mais il y a quand même quelque chose que je commence à intégrer : si je ne laisse pas cette phase être ce qu’elle est, je vais juste me fatiguer pour rien.
Parce que ce que je suis en train de construire demande avant tout du temps, de la répétition, et un peu plus de tolérance envers moi-même.
Pas de pression. Ou en tout cas, moins de pression inutile.
Juste assez de sérieux pour continuer, et assez de douceur pour ne pas m’épuiser sur le chemin.
✉︎ Note à soi✉︎
Accepter le début avec tout ce qu’il a d’inconfortable.
Accepter aussi que cette phase, malgré ses limites, ait quelque chose à m’apporter.
J’avance. Je progresse. J’apprends sur mon métier, sur ma manière de faire, et sur moi-même.
Et même si, sur le moment, je ne m’en rends pas toujours compte, c’est souvent dans ces débuts-là que beaucoup se construit.
Mine de rien, c’est aussi cette phase-là qui forge ma solidité. Celle qui me prépare à être à la hauteur de ce qui viendra ensuite.
❥ Et toi ?
Tu es au début de quelle aventure en ce moment ? Et surtout, comment est-ce que tu vis cette phase-là ?
Raconte-moi ça en commentaire. J’ai hâte de te lire 🧡




Oui, moi de mon côté, je n’ai pas du tout un parcours classique. Je n’ai jamais su me sentir à ma place entourée de gens, donc le salariat a tourné court.
Je me suis lancée en indépendante très vite, et j’ai multiplié les échecs très tôt. Et je ne comprenais pas pourquoi à l’époque.
Il m’a fallu beaucoup de remise en question pour comprendre que le problème venait de moi. Que je cherchais trop à forcer les choses, que je ne laissais jamais aucune possibilité à ce que je semais de germer.
Alors aujourd’hui, avec mes connaissances nouvelles, je me lance dans mon blog substack. Je vais essayer de moins presser les choses, de moins m’épuiser aussi. Et je vais apprendre à laisser le temps au temps. Je me positionne dans l’état d’esprit « on verra bien ».
Merci Nouha